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vendredi 24 juillet 2015

La mort de Homme

Homme est mort. Pas de corps non, mais son esprit qui m’entourait en permanence l’est. Homme m’a fait vivre les plus grands plaisirs et les plus grandes douleurs. Sur une corde raide. Funambule à la merci d’un déséquilibre des émotions. Jamais il ne m’a dit « Je t’aime », sauf cette fois où on se quittait. Il me baisait, je pleurais.

- C’est comme ça que je t’aime.

Quand j’y repense je trouve ça tellement horrible et tordu. Comme tant de choses que j’ai acceptées, convaincue que c’était le sacrifice que j’avais à faire pour sa queue et la présence de son esprit. Une esclave ensorcelée. Un pas chancelant de plus m’aurait menée vers le gouffre.

Homme est mort. Un jour, la passion s’est éteinte mais l’horreur est restée. L’étau de ma tolérance s’est resserré. Enfin. La dernière trahison était celle de trop. Je savais qu’elle viendrait, comme toutes les autres avant. Mais je m’étais d’avance jurée que ce serait la dernière et j'ai su, enfin, tenir ma promesse. Dès le lendemain, j’entamais mes démarches de libération.

J’ai conclu après des mois de thérapie que le problème n’était pas en moi et que j’avais le pouvoir d’être bien et libre. Et surtout que j’avais le pouvoir d’aimer.

Amour connaît mes cicatrices. Mais il ne connaît pas Violaine. Elle avait besoin d’exprimer l’inexprimable. Elle va mourir aussi, en même temps qu’Homme.

Parce que c’est fini. Le bonheur, ça ne fait pas lire personne.


Tout cela est vrai. Seuls les noms ont été changés.
V.

2 commentaires:

  1. Vous alors, vous avez le sens de la chute!
    Chapeau!
    Et j'espère que vous ne détruirez pas ce blogue trop vite ; Je reviendrais probablement, à l'occasion, relire...

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  2. Je t'ai lu jusqu'au bout. Merci.

    Et te lirai encore.

    Bises,
    Claudio

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